Les faces cachées d’Amir Khadir

Ce merveilleux livre de Pierre K. Malouf, Les faces cachées d’Amir Khadir, s’inscrit dans une longue tradition étouffée, marquée par la censure et la désapprobation, celle du peuple québécois en marche vers sa maturité et son plein épanouissement. Car, il faut bien le dire, ce livre est iconoclaste. En effet, il s’attarde sur le politicien québécois le plus en vogue, le plus écouté, le plus populaire — du moins jusqu’à aujourd’hui — et le plus intéressant pour les médias, le député Amir Khadir du parti Québec Solidaire.

Tout d’abord, le livre est construit en deux parties. La première présente les différents faits qui se sont produits tout au long de la campagne de boycott sur la rue St-Denis à Montréal et qui a visé, dans l’ordre, les boutiques Le Marcheur et Naot, tandis que la seconde s’arrête sur les liens unissant Amir Khadir et l’extrême-gauche québécoise. Faisant parti moi-même des contre-manifestants, les Amis Québécois d’Israël, qui tentent de protéger la liberté de commerce sur la rue St-Denis et empêcher le développement de l’idéologie antisémite, je peux témoigner que Pierre K. Malouf a rapporté les faits du boycott avec une extrême rigueur. Les faits sont bien documentés, comme cela est de mise, et les lecteurs sceptiques n’auront tout simplement qu’à aller les vérifier en utilisant les liens en référence si ça les intéresse. Et pour ce qui est de la partie qui concerne l’extrême-gauche, la même rigueur a été appliquée et le portrait qui s’en dégage est pour le moins d’une éclatante précision. Voilà pour la dimension qui concerne le travail d’investigation.

Or, là où le livre devient réellement intéressant, bien qu’il le soit déjà de par sa grande qualité et sa grande précision, c’est de par ce que Pierre K. Malouf n’a pas écrit et qu’on peut lire entre les lignes. En effet, ces choses qu’il n’a pas écrites se sont écrites d’elles-mêmes alors que les premières réactions au livre provenant du milieu de Québec Solidaire et des pro-Khadir se sont fait entendre. Des appels à la censure, à la condamnation, à l’autodafé, voire même au bûcher presque se sont exprimés provenant de ces milieux et de l’extrême-gauche en général, prouvant de facto le caractère non-démocratique et totalitaire des ces milieux, et ce en parfaite contradiction avec leurs discours et leurs prises de position publiques. En effet, dans la Belle Province, nul n’est supposé être de plus grands démocrates que les Amir Khadir, Gabriel Nadeau-Dubois, Manon Massé et Guy A. Lepage, entre autres. Vraiment? Pierre K. Malouf a entrepris et réussi un travail de dissection méthodique de l’extrême-gauche québécoise à travers le cas-type d’Amir Khadir et le résultant est cinglant. Pierre K. Malouf a appliqué la méthode scientifique à un sujet humain avec un brio exemplaire et nous lui en sommes redevables.

De plus, là où le livre se révèle un succès remarquable, c’est justement et ironiquement par la censure dont il est l’objet. Une entrevue récente de l’éditeur du livre, Daniel Laprès des Éditions Accent Grave, fait état de toute une série de faits bizarres qui sont survenus dans certaines librairies québécoises en rapport avec ce livre, tous allant dans le sens de la censure: disparitions de copies, refus de libraires d’avoir le livre en stock et, récemment, toujours selon Daniel Laprès, des menaces mêmes envers des libraires. Car il est une chose qui demeure toujours vraie dans le domaine de l’édition: les mauvais livres ne sont jamais censurés. Lorsque l’Église Catholique, les Nazis ou les Soviétiques ont pratiqué l’autodafé, ce n’était jamais pour faire disparaître ces livres-là mais plutôt pour faire disparaitre les autres, les bons livres, ceux qui rendent les hommes libres et qui révèlent au grand jour les mensonges de ceux qui tentent de les tromper afin de leur voler leurs terres, leurs richesses et le reste.

Finalement, l’hommage ultime au livre nous est fourni par le silence médiatique des pseudo-élites journalistiques montréalaises. Alors que l’on aurait dû s’attendre à ce qu’ils fassent des pieds et des mains pour avoir l’auteur en entrevue, qu’ils mentionnent le livre souvent, qu’ils invitent Amir Khadir en entrevue pour obtenir ses réactions, rien de cela ne s’est produit. Et dans le fond, c’est logique. La petite clique qui contrôle Montréal, c’est justement celle-là qui est exposée et dénoncée dans le livre de Malouf. La clique d’extrême-gauche dans laquelle on retrouve des islamistes, des environnementalistes, des Palestiniens, des anti-israéliens, des gauchistes caviar, des bourgeois, des artistes subventionnés, des fonctionnaires de l’État Providence avec sécurité d’emploi, des casseurs professionnels, des révolutionnaires amateurs et professionnels, des cinquième-colonnistes, des petits bandits et des plus gros, des losers et des bons à rien, c’est cette clique-là qui est aux pieds d’Amir Khadir, en tout temps prêts à lui sucer les orteils ou autres bassesses, en état de vénération perpétuelle, en transe extatique devant ses moindres faits et gestes, comme si ce député était la réincarnation même de Vishnu ayant choisi, dans son humilité, la Belle Province pour visiter l’humanité, ou une apparition de la Vierge Marie. Dans ces conditions, pas étonnant qu’il y ait de la censure…

Le plus drôle, ou le plus tragique, c’est que cette censure provient de l’élite politique et médiatique qui voilà à peine cinquante ans vomissait sur le clergé catholique pour les mêmes raisons qui font qu’aujourd’hui elle adule tant Amir Khadir. Le livre de Pierre K. Malouf est une occasion en or pour les Québécois de réfléchir à leur histoire, à ce qu’ils sont et de se prendre en main, finalement. Les Québécois doivent arrêter de faire confiance au premier chanteur de pomme venu, au premier charmeur de serpents à sonnettes venu, si bon soit-il, pour plutôt assumer leur plein développement un bonne fois pour toutes. Ce livre fait appel au potentiel immense que recèle le peuple québécois pour qu’il puisse faire de cette terre du Québec un des exemples les plus magnifiques et les plus florissants de la démocratie libérale dans le monde, et ce en dépit des assauts incessants des idéologies totalitaires, des dictatures de tout acabit et du crime organisé qui rêvent de mettre la main sur nos richesses. En ce jour de la Saint-Jean-Baptiste, Fête Nationale des Québécois, je crois qu’il n’y a pas meilleure façon de célébrer notre peuple et notre terre, le Québec.

Une réflexion au sujet de « Les faces cachées d’Amir Khadir »

  1. Grands mercis pour cette critique Littéraire du Livre de Pierre K. Malouf intitulé « Les faces cachées d’Amir Khadir » !

    De cette Critique, ce double-Mot :

    1 Bien que ce Livre donne à être lu et médité, il demeure volontairement incompris tant et si bien qu’il suscite diverses réactions susceptibles de !

    2 Hier-soir, lors de la Fête Nationale du Québec à Montréal, il y avait la Gang des Lepage, des Nadeau-Dubois, des Massé et des Khadir qui, arborant le Carré Rouge Écarlate, a contrôlé la Scène musicale, et personne pour les arrêter, même pas la Société Radio-Canada qui télédiffusait ce « criss » de spectacle à la « con » !

    Pendant que, d’un côté, on cherche à censurer le Livre de Malouf, de l’autre, on prend en otage le Peuple du Québec ce, pour des Motifs de Fête Nationale !

    Bravo pour votre Critique et, surtout, un Grand Merci chalom pour votre implication ! – 25 juin 2012 / 5 tammouz 5772 –

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