Jean Rémy sur la NEF et ce qu’est une «banque éthique»

L’idée d’une «banque éthique» est excellente. En gros, une banque éthique se refuse à toute spéculation. Elle est d’abord et avant tout une coopérative où il n’y a pas de «petits» actionnaires. Elle se spécialise dans le financement de projets qui permettent de développer les communautés et la fraternité, dans le respect de l’environnement et de l’être humain. Je me permets de rajouter que la création de «banques éthiques et patriotes» seraient encore mieux puisque, comme chacun sait, les banques prêtent rarement aux patriotes. C’est pourquoi c’est si difficile pour nous de gagner des élections. Nos adversaires gauchistes sont ensevelis sous les prêts bancaires alors que de notre côté, on doit se débrouiller avec des cacahuètes pour faire élire ceux qui défendront nos intérêts. Alors, à quand la création de «banques éthiques et patriotes»?

Entrevue avec Pierre Jovanovic sur la situation économique de la Grèce

L’entrevue date de la fin de l’année 2012 mais elle est toujours d’actualité. Jovanovic s’est trompé sur l’issue de la dernière élection générale, alors qu’il voyait le parti de l’Aube Dorée l’emporter. Comme nous le savons, c’est le parti Syriza qui a gagné les dernières élections. Mais ce n’est pas bien grave, ce qui compte, c’est la substance de l’analyse. Le journaliste économique fait ici le bilan d’un voyage en Grèce qu’il a effectué récemment et il témoigne comment celui-ci lui a donné le sens de la réalité des choses. Les travailleurs grecs ont vu leur salaire être coupés de 30%, ce qui, dans les faits, se traduit aussi par une baisse de la puissance économique du pays dans les mêmes proportions. Les conséquences sont catastrophiques alors que le chômage atteint des proportions record, que les entreprises peinent à faire leur frais et que les fleurons locaux de l’économie sont rachetés depuis l’étranger. Jovanovic lance aussi l’avertissement que ce qui se passe en Grèce aujourd’hui va se passer dans d’autres pays européens très bientôt, y compris la France, puisque ce sont les mêmes indicateurs qui sont au rouge. Les mesures d’austérité aggravent la crise qu’elles sont sensées régler. Pour lui, la Grèce est un laboratoire permettant à l’élite financière européenne et mondiale de voir les réactions de l’effondrement total d’une société européenne. Les États-Unis surveillent la situation de près puisque la construction européenne et l’euro servent leurs intérêts économiques et politiques. Parmi les principaux conseils qu’il donne pour se protéger de la crise mondiale qui s’annonce, avec l’effondrement des systèmes bancaire et monétaire, il y a, évidemment, le fait de ne pas laisser d’argent dans les banques et de plutôt acheter de l’or ou de l’argent. Plusieurs autres sujets sont abordés. À voir.

Entretien avec Olivier Delamarche: Vers la faillite des États