Pierre Jovanovic: Les ressemblances entre l’Europe d’aujourd’hui et la République de Weimar

Dans cet entretien, Pierre Jovanovic présente son nouvel ouvrage intitulé Adolf Hitler ou la revanche de la planche-à-billets. Il y développe l’idée, qui devrait être évidente pour tout le monde mais qui ne l’est pas, malheureusement, que c’est l’effondrement de la monnaie allemande qui a amené Hitler au pouvoir. L’histoire officielle passe rapidement sur l’effondrement de la monnaie et de l’économie allemandes pour s’acharner presque exclusivement sur l’antisémitisme du régime nazi. On nous répète sans cesse que c’est l’antisémitisme virulent d’Hitler qui lui a permis de prendre le pouvoir. Cependant, un examen sérieux permet de douter de cette thèse. Quand on analyse les causes des guerres, de toutes les guerres, on se rend rapidement compte que ce sont toujours des considérations matérielles et économiques qui en sont le moteur. Après, les belligérants trouvent des raisons morales, religieuses et politiques pour les justifier. Si la République de Weimar avait continué de progresser sur le plan économique, Hitler serait resté dans son coin à détester les Juifs et rien ne serait arrivé. On ne connaîtrait même pas son nom aujourd’hui. L’argent est le nerf de la guerre. C’était vrai au temps de Cicéron, ce l’est encore de nos jours. Or, les Européens et les Nord-Américains sont en train de répéter les mêmes erreurs que celles qui ont été commises par la République de Weimar. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, on peut avoir des craintes sérieuses sur l’avenir du système financier. C’est tout ce contexte politico-économique, riche et complexe, que Jovanovic analyse ici dans ce livre qu’il nous présente sur les ondes de TV Libertés.

Revue de presse économique avec Pierre Jovanovic

Cette vidéo date de plus d’un mois déjà mais elle est toujours d’actualité, alors que les problèmes économiques structuraux s’accentuent à l’échelle mondiale.

La planche à billets en France dans les années précédant la Révolution

Max Keiser et James Turk s’entretiennent ici des problèmes financiers et économiques qui affectaient la France dans les décennies précédant la Révolution. Pour stimuler l’économie, le gouvernement français avait décidé d’émettre des actions appuyées sur les promesses de richesses de la région du Mississippi. Avec le temps, la valeur de ces actions a diminué énormément, menant à une panique bancaire. L’utilisation de l’or et de l’argent comme monnaies était prohibé par une loi. Beaucoup de citoyens se sont vus alors floués de leurs pensions. Plus tard, l’Assignat, une monnaie de type « fiat », a été créé lors de la Révolution. L’Assignat était un certificat qui était remis aux citoyens pour signifier qu’ils possédaient une partie du trésor public, dans ce cas-ci les biens de l’Église Catholique saisis. Avec le temps, de plus en plus d’Assignats étaient émis, ce qui diminuait évidemment la valeur de cette monnaie de papier. Un crash bancaire se produisit encore une fois, ruinant beaucoup de gens et reproduisant ainsi la Bulle du Mississippi de 1720. Plus tard, une autre monnaie semblable apparut, le Mandat National. L’histoire se répète. Comme on le voit, la planche à billets avait été essayée en France voilà plus de deux siècles et cela n’avait pas marché. Les États-Unis, qui font fonctionner la planche à billets au maximum, se dirigent vers un crash imminent puisque les mêmes causes entraînent les mêmes effets. Aussi, fait intéressant à noter, lors de la crise financière de 2008, il est apparu ce que l’on a appelé au Québec les « papiers commerciaux », c’est-à-dire des dettes adossées à des actifs, comme de l’immobilier. Or, c’est justement ce que le gouvernement révolutionnaire avait fait, vendre des certificat adossés aux biens de l’Église saisis, ce qui n’empêcha pas le système financier de s’effondrer. Notons aussi que lors de l’émission des actions de l’État en 1720, beaucoup ont perdu leur pension, ce qui rappelle la perte de 40% du portefeuille de la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec. Les humains répètent les mêmes erreurs inlassablement.

Entretien avec Olivier Delamarche: Vers la faillite des États