L’Occident sous occupation, sixième chapitre: Charlie Hebdo et l’attaque contre la liberté d’expression

En temps de guerre, la première victime est toujours la vérité
Hiram Warren Johnson

Le Lys d'OrQuelques réflexions, interrogations et inquiétudes s’imposent sur les attentats survenus en France dernièrement. Tout d’abord, je dois dire que je me sens interpellé surtout par le traitement politique et médiatique de l’attentat, plutôt que par l’événement lui-même. Tout le monde savait qu’il y aurait des attentats terroristes en France un jour ou l’autre. Ce n’était qu’une question de temps. C’est pourquoi les réactions épidermiques qui ont suivi la diffusion d’une vidéo d’Aymeric Chauprade du Front National font bien rire. Il y fait mention de la présence d’une cinquième colonne en France. Cette cinquième colonne existe bel et bien, quoi qu’en pense les journalistes. C’était vrai dans les années qui ont précédé l’occupation nazie, c’était vrai durant la Guerre Froide et c’est encore vrai aujourd’hui à l’époque de la montée du fondamentalisme islamique. Il n’est pas nécessaire d’être géopoliticien pour le comprendre mais j’imagine que cela aide un peu.

Pour ce qui de l’événement de l’attentat contre Charlie Hebdo, celui-ci donne l’impression d’une exécution ni plus ni moins. Je ne suis pas sûr que le mot de «terrorisme» est réellement approprié ici, quoique cela en est aussi. On dirait que l’équipe de rédaction du journal a tout simplement été liquidée. Après, comme il fallait bien dire quelque chose, les journalistes ont bricolé une histoire. Un de éléments-clés qui ne fait aucun sens est le fameux papier d’identité qui aurait été laissé dans la voiture des fuyards par un des suspects, Hamyd Mourad, dont on ne parle plus d’ailleurs. Selon l’information disponible, les frères Kouachi auraient été formés au terrorisme dans des camps au Yémen et leurs noms figuraient sur des listes de gens à surveiller. Or, des professionnels du terrorisme ne laissent pas de papiers d’identité pour se faire prendre…ou alors ils ne sont pas des professionnels. Les médias nous ont dit que les fuyards avaient changé de voiture, pour évidemment pouvoir échapper à la police. Mais il ne donne rien de changer de voiture si des papiers d’identité s’y trouvent toujours, n’est-pas? Dans les heures qui ont suivi le massacre, les médias ont rapporté que les djihadistes auraient pris la direction de Reims. Or, Reims est le lieu où l’on avait l’habitude de sacrer les rois de France. De plus, l’attentat a eu lieu le 7 janvier, soit le lendemain de la Fête des Rois, que l’on appelle aussi l’Épiphanie. Cherche-t-on à nous dire quelque chose? L’enterrement d’un des frères Kouachi, Saïd Kouachi, aurait eu lieu dans la plus grande discrétion, de nuit, justement dans la ville de Reims, sans l’aide d’une pelle mécanique. La tombe est anonyme et le nom du cimetière n’a pas été dévoilé. Il est donc impossible pour le commun des mortels de retracer le corps, et encore moins de l’exhumer afin de pratiquer sur celui-ci la médecine légale. On l’a fait disparaître en quelque sorte. Les médias étaient-ils au moins là pour confirmer son identité? Pour ce qui est de l’autre attentat, celui survenu sur la personne d’un policier dans un premier temps et dans un marché d’alimentation cacher dans un deuxième temps, des vidéos sur Youtube nous montrent le terroriste présumé, Amedy Coulibaly, franchement, doux comme un agneau. On a de la misère à croire qu’il pourrait même tuer une mouche. Mais peut-être en était-il capable après tout.

Ça c’est pour les faits. Pour ce qui est du traitement maintenant, on a assisté dans les jours qui ont suivi à des niaiseries insipides semblables à celles que l’on nous ressasse de plus en plus souvent depuis quelques années. La « marche républicaine », même si très émouvante, était un exercice de communication par lequel l’élite politique européenne essayait de redorer son blason, passablement terni par son incompétence. Nous avons eu droit à une Grande Messe de pleurnichage pour affirmer que l’on étaient «solidaires» mais les actes parlent plus fort que les paroles, en définitive. Ce qui a été particulièrement terrifiant aussi, il faut le dire, était de voir ces milliers de Français défiler dans les rues de Paris avec une pancarte ou une feuille disant «Je suis Charlie», s’identifiant ainsi à Charlie Hebdo. C’était sympathique mais en faisant cela, ils se donnaient en cible aux islamistes par le fait même. Ce n’était ni très brillant ni très prudent. Plusieurs brandissaient aussi des crayons, alors que les deux attaques terroristes avaient été pratiquées avec des armes à feu. Des crayons permettent d’écrire mais ne peuvent venir à bout du terrorisme, de cellules dormantes qui s’activent, de la guérilla urbaine ou d’une guerre civile qui éclate. N’oublions pas non plus que la spécificité de notre civilisation, fondée par le Grecs — la religion chrétienne est venue plus tard ― est justement l’affirmation de l’individualité. Le fait que des millions de nos compatriotes ont nié leur identité personnelle en prenant celle de Charlie Hebdo est d’une grande tristesse. S’il y a un moment dans l’histoire récente de la France où cela aurait été nécessaire que chacun affirme son identité personnelle, par exemple en inscrivant son prénom, son métier ou sa ville natale sur la pancarte au lieu du «Je suis Charlie», c’était bien là. C’est une belle occasion manquée. On peut donc ainsi voir que les terroristes ont atteint leur but à ce niveau-là, puisque nous avons montré que nous renoncions à notre individualité personnelle au moment où l’on essaie de nous intimider. Aussi, un fait important à ne pas oublier est le fait que des ténors critiques de l’Union Européenne n’ont pas été invités, comme Marine Le Pen par exemple, de même que le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Comme quoi cette marche républicaine était en fait l’occasion pour le bureau politique de l’Union Européenne, mondialiste et antisioniste, de tenir séance. Mahmoud Abbas, lui, a été invité, et je suis sûr qu’il lui ont réservé une chaleureuse accolade.

Autre élément à considérer, le Président Hollande, lors d’une déclaration aux journalistes quelques heures après l’attaque sur Charlie Hebdo, avait dit que «rien ne devait nous diviser». Encore une fois, c’est un oubli magistral de la nature même de notre civilisation. Une société composée d’individus matures, adultes, conscients et individualisés auront des désaccords et des différents sur tout, de la couleur de la moquette, du meilleur vin à prendre au repas, en passant par le parti politique pour qui voter, la voiture à acheter, la destination-vacances à retenir, etc. Seules les sociétés totalitaires arrivent à faire consensus…car elles envoient au goulag ou à la mort tous les dissidents. C’est pourquoi j’ai peur pour la France et pour les Français. Le leadership politique français des quarante dernières années a été constitué de gens dont les allégeances politiques ont pu varier dans le temps du fascisme, au communisme vers le socialisme ou le libéralisme, et tous ces gens s’entendent comme larrons en foire dans la structure de l’Union Européenne. Ces gens aiment les structures, les idéologies mais pas les hommes. Considérant le degré de proximité qui existe entre le leadership politique français et des régimes comme l’Arabie Saoudite et le Qatar, on peut se demander jusqu’où les politiciens français seront prêts à aller pour faire plaisir aux injonctions de censure et d’interdiction des leurs homologues de ces pays. Et considérant l’amour que ces mêmes élites vouent aux modèles totalitaires à la George Orwell ou à la Aldous Huxley, on ne peut qu’imaginer le pire pour l’avenir de l’Europe et pour ses citoyens.

Je reviens brièvement sur une déclaration qu’aurait fait Jean-Marie Le Pen à un média russe. Il aurait dit que l’attentat contre Charlie Hebdo porterait la signature des «services secrets». Le clan Le Pen a réfuté la déclaration, en alléguant un problème de traduction, ou une citation hors-contexte. Pour ma part, il m’est difficile de penser que les services secrets français auraient du temps à perdre avec des caricaturistes. Ils ont bien du pain sur la planche. Il faut dire aussi que le journal n’en était pas à ses premières difficultés avec la liberté d’expression. Selon sa page wikipédia en langue française, le journal mensuel d’origine, Hara-Kiri, avait été interdit de publication à deux reprises, en 1961 et 1966. La version hebdomadaire du journal, elle, l’avait été également suite à une controverse concernant la mort du Général de Gaulle en 1970. Le journal avait repris ses activités peu de temps après sous le nom de Charlie Hebdo mais il cessera de publier de 1982 à 1992. Tout compte fait, je me dis que si les services secrets avaient réellement voulu faire quelque chose contre l’équipe de Charlie Hebdo, contre le journal lui-même ou contre ses bailleurs de fonds, ils auraient pu le faire voilà très longtemps. Ce n’est sûrement pas les occasions qui ont dû manquer.

Il y a donc autre chose qui est en jeu ici, qui reste non-dit et cela a probablement à voir avec la fameuse Loi Pleven du 1er Juillet 1972. Eric Zemmour s’y arrête dans son dernier livre, Le suicide français. Il la présente ni plus ni moins comme la loi ayant mis fin à la liberté d’expression en France. La loi déborde selon lui le cadre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, en ciblant les intentions des citoyens, et non pas simplement les actes, afin de contrecarrer les provocations à la discrimination, à la haine et à la violence. Cela paraît bien mais dans les faits, n’importe quel individu ou groupe peut désormais aller se lamenter devant le tribunal ou devant l’État comme quoi ses droits sont bafoués, en utilisant les concepts fourre-tout de la discrimination, de la diffamation et de l’injure. Concrètement, cette loi rend impossible toute expression véritable puisque le discours humain, lorsqu’il est vivant, comporte nécessairement des opinions, des sentiments et des prises de positions qui peuvent être perçues comme offensantes par des individus ou des groupes. Normalement, dans un monde civilisé, où les individus sont matures, adultes et de bonne foi, les gens assument tout simplement. Mais la Loi Pleven semble créer tout d’abord une zone grise, un genre de vide juridique, ainsi qu’un état d’infantilisme institutionnalisé permanent. On peut se demander, dans ce contexte, si cette loi ne permet pas implicitement des exactions de toutes sortes pour contrer la diffamation et la discrimination. Comme le journal Charlie Hebdo contrevenait à cette loi, ou à tout le moins à son esprit, il n’est donc pas étonnant qu’un attentat se soit produit dans ses locaux. Certains diront que la Loi Pleven a été supplantée par les lois de l’Union Européenne mais celles-ci ne sont guère mieux en ce qui a trait à la protection des droits individuels et de la démocratie.

Aussi, nous devons également prendre en considération ce qui s’en suivra malheureusement pour la liberté d’expression. Dieudonné a fait réagir en produisant un tweet disant «Je suis Charlie Coulibaly». Encore une fois, il joue son rôle de provocateur (du système?) à la perfection. En effet, ce tweet de Dieudonné permet, bien évidemment, de salir la liberté d’expression sur internet en l’associant à une approbation du terrorisme. Certains parlent de poursuites ou d’accusations déposées contre lui. Or, ce serait encore une fois porter atteinte à la liberté d’expression. On doit juger les hommes selon leurs actes. Qu’est-ce que cela peut bien faire que Dieudonné s’identifie aux frères Kouachi ou à Amedy Coulibaly? C’est son problème à la fin. Si on dépose des accusations contre l’humoriste, cela va ouvrir la porte à un nombre infini de poursuites de toutes sortes pour des propos…Or, c’est justement cela, la censure. On tombe alors dans le piège des terroristes si on change nos habitudes de communication pour leur faire plaisir. Pour finir, une phrase d’Eric Zemmour, encore tiré de son ouvrage Le suicide français (en page 62), résume bien l’ensemble du problème qui est posé ici: «Le mensonge d’État n’est pas une tare pour les Français s’il sert le bien commun»…

Restez branchés sur lys-dor.com pour le septième chapitre. Pour consulter les chapitres précédents, veuillez visiter les liens suivants:

L’Occident sous occupation, cinquième chapitre. Le problème de la radicalisation: Lorsque le loup garde la bergerie…

L’Occident sous occupation, quatrième chapitre: Le voyage sur la lune et la dégénérescence de la civilisation

L’Occident sous occupation, troisième chapitre: La véritable nature du djihad islamique

L’Occident sous occupation, deuxième chapitre. Pour en finir avec la Guerre Anglo-Afghane: L’union des peuples civilisateurs

L’Occident sous occupation, premier chapitre: Le renversement du rideau de fer et la nouvelle servitude

1 réflexion sur « L’Occident sous occupation, sixième chapitre: Charlie Hebdo et l’attaque contre la liberté d’expression »

  1. Le site web Fdesouche a été, pour la Xième fois, la cible d’une attaque informatique, dite provenant des « islamistes ». Comme quoi la liberté d’expression en France est réellement attaquée. On pourrait mentionner aussi les nombreuses poursuites judiciaires intentées contre un nombre incalculable d’individus, dont les responsables du site web Riposte Laique, pour donner un exemple. Mais les responsables politiques français diront certainement, comme toujours, « circulez, il n’y a rien à voir »…

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