Le SCRS, Philippe Couillard et l’Arabie saoudite: Lorsque le « Who’s who » devient plutôt le « Who does what? »

Encore une autre histoire abracadabrante dans le monde du renseignement. La dernière en date concerne l’ancien Ministre de la Santé du Québec, Philippe Couillard, maintenant membre du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité du Canada, un organisme fédéral chargé de surveiller le travail des agents de renseignement canadiens. Or, Monsieur Couillard occupe aussi les fonctions, simultanément, de conseiller auprès du gouvernement saoudien en matière de santé. C’est un conflit d’intérêts majeur et la nouvelle en inquiète plusieurs depuis que la journaliste du National Post, Kathryn Blaze Carlson, l’a portée à l’attention du public dans un récent article. Je joins deux articles du site web Pointdebascule.ca présentant tous les détails de l’affaire, ainsi qu’une entrevue avec l’ancien directeur du SCRS, Michel Juneau-Katsuya, sur les ondes de Benoit Dutrizac du 98,5 FM.

Mon commentaire peut se résumer à ceci: Je suis inquiet. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion. Auparavant, je croyais que c’était seulement au Québec qu’il n’y en avait pas, mais on dirait que c’est également le cas au Canada. Vous vous souvenez que la plupart des pilotes, si je peux me permettre le jeu de mots, qui ont perpétrer les attentats du 11 septembre 2001 détenaient des passeports de l’Arabie Saoudite. Alors qu’est-ce qui empêche l’Arabie Saoudite, par l’entremise de Philippe Couillard, de contrôler les activités de renseignement au Canada? L’Arabie Saoudite a joué un rôle central dans les attentats du 11 septembre. Voir mes articles précédents sur le sujet:

Meet the Saudis

Richard Clarke and the Underground Reich

The economics of 9/11

Les articles de Pointdebascule.ca, dirigé par Marc Lebuis, mentionnent aussi la compétition existant entre le Canada et l’Arabie Saoudite dans le secteur de l’exportation du pétrole. Mais, au fond, cet élément est plutôt secondaire si l’on réalise qu’il s’agit en fait de la sécurité du pays lui-même et de la vie de 30 millions d’habitants qui est en jeu. Cela vous dit d’avoir à assumer les conséquences d’un autre 11 septembre sur le territoire canadien? Pas moi. Michel Juneau-Katsuya a raison lorsqu’il dit que l’on en fume du bon dans l’entourage du Premier Ministre Harper. Il a fait toute sorte de nominations dans le secteur des renseignements qui sont pour le moins étonnantes et celle de Philippe Couillard, en plus de ne pas être basée sur les compétences, est carrément dangereuse pour ne pas dire irresponsable. Si on met un loup en charge de la bergerie, il ne faut pas se surprendre ensuite qu’il ne reste plus de moutons. Car, avec la présence de Philippe Couillard sur ce comité de surveillance du travail des agents de renseignements, c’est exactement ce qu’on a. Le loup de l’Arabie Saoudite, de par les pressions, chantage, menaces, blackmail, qu’il peut exercer sur Philippe Couillard, a maintenant la porte grande ouverte pour s’attaquer aux moutons canadiens. Jean-Baptiste, le Saint Patron des Québécois, a de quoi être fier: il peut désormais ajouter les Canadiens-Anglais à son cheptel, grâce à l’incompétence crasse en matière de renseignement qui caractérise ce pays depuis qu’il est officiellement « indépendant » de la Couronne britannique… Sur un ton plus humoristique, je vous offre également la dernière chronique de Normand Lester sur les ondes du 98,5 FM. Il paraît que des agents de la CIA ont organisé une rencontre avec des informateurs au Liban…dans un Pizza Hut. Décidément, rien de va plus dans le monde du renseignement.

Michel Juneau-Katsuya sur les ondes de Benoit Dutrizac

Deux exemples du conflit d’intérêts Canada-Arabie Saoudite

Philippe Couillard et l’Arabie Saoudite

CIA et pizza à Beyrouth

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