L’affaire Roberge et ses conséquences pour le renseignement québécois

L’affaire Roberge a porté un dur coup aux forces policières du Québec ces dernières semaines. Pour ceux qui ne le sauraient pas, rappelons que Benoît Roberge est ce policier du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) qui aurait accepté des pots-de-vin d’organisations criminelles en échange de renseignements. Comme l’avait déclaré le directeur de la Police de Montréal, Marc Parent, à l’annonce de l’arrestation du policier: « On s’est senti trahi ». Et pour cause. Un enquêteur haut placé dans la structure hiérarchique de ce corps policier, qui vend des renseignements au crime organisé, quand on dans le métier et qu’on essaie de faire son travail, ça fait mal. On comprend donc le désarroi que peuvent ressentir les corps de police québécois. Mais je crois qu’il faut également prendre en considération le désarroi d’une autre catégorie de québécois: les citoyens en général. En effet, qui va parler à la police maintenant? Qui va partager de l’information avec les corps policiers en ayant en tête que l’agent à qui un citoyen s’adresse est peut-être un agent double pour une organisation criminelle? Par ailleurs, cette affaire fait ressortir aussi le problème des fameux « programmes de rapprochements » avec les communautés musulmanes. Ces programmes sont mis en place par des corps policiers ou des partis politiques pour, comme le nom l’indique, rapprocher des institutions occidentales de communautés islamiques ou même islamistes. Les deux groupes partagent du renseignement et essaient de mieux se comprendre et collaborer pour éviter des attaques terroristes. Ce n’est pas une mauvaise idée en soi mais néanmoins ces initiatives mettent les policiers dans des situations vulnérables où ils peuvent facilement être corrompus par des éléments du crime organisé arabo-musulman ou par des organisations terroristes et devenir ainsi des agents doubles pour ces groupes. Donc, je répète ma question, qui va parler aux policiers maintenant?

Cette problématique s’amplifie lorsque l’on considère la concentration du renseignement dans le monde moderne. Suite à l’invention de l’ordinateur et des banques de données, des caméras de surveillance et de tout l’appareillage de type « Big Brother » dont on est entouré, une masse incroyablement dense d’informations est stockée dans un nombre de lieux assez restreint et un nombre limité de personnes y ont accès. Pour donner un exemple classique, en Union Soviétique, pour surveiller la population, le KGB devait placer physiquement des espions dans chaque café, librairie, usine, etc. Les dissidents étaient détectés un à un de façon ardue. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Quelqu’un peut établir la liste de tous les dissidents ou citoyens jugés indésirables pour un quelconque groupe d’intérêts à partir d’un ordinateur. S’il a accès par exemple aux fichiers de la police ou même à la base de données de réseaux sociaux comme Facebook par exemple, c’est assez simple à faire. En somme, là où je veux en venir, est que loin d’avoir produit une société plus sécuritaire, la société de type Big Brother nous a en fait rendus tous plus vulnérables. Nous vivons maintenant dans un monde extrêmement dangereux. Le renseignement est tellement concentré qu’il suffit qu’une organisation criminelle ou terroriste ait un agent à l’intérieur de la machine pour produire un dommage irréparable. Si vous avez vu le dernier film de James Bond, Skyfall, vous vous souvenez peut-être de cette scène où le personnage du vilain se trouve dans une salle, entouré d’ordinateurs. Alors que James Bond est retenu prisonnier, le vilain lui déclare pouvoir, à volonté, accéder au système bancaire et le faire planter, prendre le contrôle d’un satellite, de la bourse, d’armements militaires, etc. Ça donne une idée du problème auquel nous sommes confrontés avec la concentration du renseignement. En permettant cette concentration, nous avons en fait rendu la tâche beaucoup plus facile aux organisations criminelles de prendre le contrôle des sociétés. Ils ont moins d’efforts à faire qu’auparavant. On ne connaît pas toutes les ramifications de l’opération d’agent double de Roberge mais une chose est sûre, il est possible que ce ne soit que la pointe de l’iceberg. Des indices s’accumulent sur les forces policières québécoises qui laissent croire à un certain degré de corruption et de désagrégation des bonnes moeurs déontologiques. Mentionnons par exemple le cas d’un autre « taupe » du SPVM, Ian Davidson, qui vendait des informations lui aussi au crime organisé, le cas de Claude Aubin, pour les mêmes raisons, le cas de ce citoyen de Trois-Rivières, Alexis Vadeboncoeur, qui a été battu apparemment sans raison par des agents de la Sûreté du Québec à Trois-Rivières, le cas similaire de Norbert Mestenapeo sur la Côte-Nord, l’arrestation gratuite du journaliste du Journal de Montréal Éric-Yvan Lemay, qui ressemblait davantage à une tentative d’intimidation et d’humiliation, le harcèlement et l’intimidation dont aurait été victime Jason Gabriel, un résident de Kanesatake, sont quelques exemples pouvant laisser croire qu’une certaine portion des forces policières québécoises a pu être tournée, à son insu, contre les citoyens. Les individus considérés dissidents ou marginaux peuvent ainsi facilement être transformés en terroristes ou en criminels lorsque les policiers chargés des enquêtes sont eux-mêmes, parfois, des criminels, des agents doubles ou corrompus.

Au final, l’affaire Roberge risque de faire autant de dommage au renseignement québécois que l’affaire Snowden a pu en faire au renseignement américain. Ce sont deux cas différents mais les conséquences au fond sont les mêmes: perte de confiance, sources de renseignement compromises, opérations sabotées, etc. Les opérations d’infiltration ou d’agents doubles à la Roberge ou Snowden réalisent le vieux rêve du communisme, à savoir détruire toute opposition en transformant tout citoyen en criminel potentiel. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi, ça ne me rassure pas du tout.

Entretien avec Philippe Murer, ingénieur en mathématiques financières : Les gains de productivité

Entrevue avec Diana West sur Vladimir Konstantinovitch Boukovski, dissident soviétique

Dans cette brève entrevue qu’elle a accordée à Frank Gaffney sur Secure Freedom Radio, Diana West nous entretient sur le fameux dissident soviétique Vladimir Konstantinovitch Boukovski. Pour avoir résisté au régime soviétique, pour avoir défendu et exercé la liberté d’expression de différentes manières, Boukovski a passé plusieurs années emprisonné sous diverses formes, de la prison, au camp à l’asile psychiatrique. Le plus étonnant dans le compte rendu que fait Diana West ici, est le fait que Boukovski fut mandaté par Boris Eltsine pour faire des fouilles dans les archives de l’Union Soviétique afin de faire la lumière sur ce qui se passait vraiment durant les années de ce régime. Un procès du communisme devait avoir lieu, dans le même genre que le procès de Nuremberg. Or, beaucoup de dirigeants occidentaux ont fait des pressions sur Eltsine pour que les faits de cette période soient étouffés. En effet, il appert que beaucoup ici même ont été complices des crimes du communisme, par leur corruption, leur support ou leur silence et voyaient d’un mauvais oeil que l’on dévoile des faits troublants les concernant. Eltsine s’est plié et a mis fin aux recherches. Excellente présentation de l’auteur du merveilleux livre American Betrayal: The Secret Assault on Our Nation’s Character, qui traite justement de l’infiltration d’agents soviétiques en Occident durant toute la période de la Guerre Froide et de la complicité de nos élites. À écouter, car cela donne une vision particulièrement incisive sur notre situation présente. L’entrevue se trouve au segment #3.

Diana West sur Secure Freedom Radio

Entretien avec Pierre Jovanovic : Chute programmée du système financier et importance stratégique de l’or

Cet entretien avec Pierre Jovanovic dresse un portrait lucide de la situation économique et financière de la planète. Parmi les nombreux éléments qu’il aborde ici, je soulignerai l’importance stratégique de l’or dans la vie économique. Loin d’être une simple commodité ou « ressource », l’or constitue en fait le fondement même de l’économie et du système monétaire. Sans or, il n’y a pas de monnaie et pas de vie économique. Faite de  papier imprimé, ce que nous appelons la « monnaie » n’a de valeur que si l’on peut l’appuyer pour quelque chose qui a une valeur réelle, comme l’or, l’argent ou des pierres précieuses. C’est pourquoi beaucoup des intrigues financières ou économiques qui ont cours en ce monde ont en fait la possession et le contrôle de l’or comme objectif. Celui qui contrôle l’or est maître de l’économie. Autre élément intéressant abordé par Jovanovic, les manipulations dont l’or font l’objet mettent la France au coeur d’une guerre économique faite par les pays anglo-saxons visant à l’empêcher de demeurer une puissance en ce domaine. Après quelques échanges d’introduction, l’entrevue démarre réellement vers la cinquième minute.

Entretien avec l’actuaire Olivier Berruyer: La fin d’un monde

La face cachée du pétrole

Voici un documentaire très bien fait et instructif sur la genèse de l’industrie pétrolière. Au-delà d’une analyse au premier degré que l’on pourrait faire des faits qui sont rapportés ici, une chose est à retenir. Ce que l’on appelle les « révolutions » et les « printemps » des peuples sont rarement en réalité ce qu’ils semblent être. Des intérêts puissants se cachent souvent derrière ces pseudo expressions de la volonté populaire. La patrie ou la religion n’a presque jamais rien à y faire. Comme le démontre ce document, le pétrole a joué et continue de jouer un rôle prépondérant dans la naissance de révolutions, de troubles ou de renversements de régimes de par le monde. Lorsque des perturbations affectent un pays, les intérêts pétroliers ne sont jamais bien loin. Que voulez-vous, c’est comme ça. Tant que l’on aura pas réglé le problème de l’indépendance énergétique, il faudra composer avec. Merci au site fdesouche pour avoir déniché cet excellent documentaire.


La Face Cachée du Pétrole (2/2) : Les grandes... par ReOpen911