Double jeu et manipulations des services secrets allemands: Le cas de l’Algérie et du FLN

La chaîne de télévision Arte a diffusé un documentaire le 22 janvier dernier sur l’indépendance de l’Algérie et le rôle joué par le FLN. On y apprend que, selon les services de renseignement de la République Fédérale d’Allemagne, la rupture du barrage de Malpasset à la hauteur de la localité de Fréjus (France) aurait été causée par le FLN. À ce sujet, les sites fdesouche et Le Monde se sont grandement étonnés de cette information et leurs analyses se sont concentrées sur ce seul fait.

Or, en ce qui me concerne, la fine pointe du documentaire présenté par Arte se situe dans la révélation que l’indépendance de l’Algérie et le développement du mouvement révolutionnaire du Front de Libération National semblent avoir été supervisés et appuyés par les services secrets ouest- et est-allemands. Et en raison de quel motif? Essentiellement afin de diminuer l’influence française en Afrique du Nord et sécuriser des sources de pétrole pour l’Allemagne, qui n’en possède pas sur son propre territoire, rappelons-le.

Aussi, souvenons-nous que les forces de l’Axe durant la Deuxième Guerre Mondiale, Allemagne, Italie et Japon, n’ont pas connu de révolutions populaires contrairement aux pays Alliés. Cette guerre mettait en scène en quelque sorte d’un côté des pays ayant connu des révolutions populaires (France, Grande-Bretagne, États-Unis et Russie) les ayant conduits vers la modernité, et de l’autre des pays où les lignées monarchiques et aristocratiques s’étaient à peu près maintenues en dépit des changements politiques. Peut-on penser que l’Allemagne se sente contrainte de prendre le parti de populations n’ayant pas connu de révolution de type française ou bolchévique afin de les préserver d’une trop grande « modernité »? En tout cas, l’indépendance de l’Algérie et la montée du FLN se révèlent une curieuse préfiguration du « Printemps arabe ». L’Iran a lui aussi connu son « printemps » en 1979. Mais quel printemps doit-on évoquer lorsque l’on entend parler de l’implication des services secrets allemands, de la participation de djihadistes payés par le Qatar et du support financier, politique et parfois militaire des États-Unis? Décidément, ce « printemps » n’a rien d’arabe.

Reza Pahlavi, Prince héritier du Shah d’Iran, sur Radio J

Comment cela se fait-il que les leaders occidentaux ne se précipitent pas pour faire de cet homme bon et civilisé, héritier du Shah d’Iran, un allié de premier plan dans la lutte contre le régime abominable des Ayatollahs iraniens? C’est à n’y rien comprendre. À ce sujet, le Canada pourrait montrer l’exemple encore une fois. Il vient tout juste de renvoyer le personnel diplomatique de l’ambassade d’Iran à Ottawa, l’édifice ne servant plus à rien pour le moment. Donc, qu’est-ce qui empêcherait le Canada de saisir l’édifice et d’y installer à la place Reza Pahlavi et son entourage, en quelque sorte en tant que « gouvernement iranien en exil » ? Ça aurait le mérite d’être baveux et d’annoncer nos valeurs et nos intentions de manière implacable. Alors?

Entrevue avec Pierre Jovanovic sur Radio Courtoisie: L’effondrement du dollar et de l’euro

Merci au site web Fdesouche pour avoir déniché cet entretien avec Pierre Jovanovic sur Radio Courtoisie. Pierre Jovanovic des éditions Le Jardin des Livres vient de publier une traduction d’un ouvrage de James Turk et John Rubino, The Coming Collapse of the Dollar and How to Profit from It: Make a Fortune by Investing in Gold and Other Hard Assets, sous le titre L’effondrement du dollar et de l’euro et comment en profiter. Je vous donne les grandes lignes de cet entretien extrêmement important pour tout ceux qui voudront survivre à l’effondrement économique qui s’annonce à l’horizon:

La vraie dette des États-Unis, selon Jovanovic, se chiffre à 210 mille milliards de dollar; depuis sa création en 1917, le dollar américain a perdu 98% de sa valeur; le Président Roosevelt a obligé selon la loi les citoyens américains à déposer leurs réserves d’or à la Réserve Fédérale; l’interdiction de l’or dans le marché de la monnaie aux États-Unis n’a été levée qu’en 1975; le dernier inventaire de la réserve d’or à Fort Knox (là où en principe tout l’or du pays est stocké) a été réalisé en 1956; certains états américains ont récemment légalisé l’or comme monnaie courante; la monnaie de papier est supposée être produite en directe relation avec des réserves d’or que les gouvernements et les banques posséderaient, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui; la France a passé à la monnaie de papier pour financer la guerre 1914-1918; les Américains ont exigé le paiement en or des ventes d’armes qu’ils ont fait aux Résistants français durant la Deuxième Guerre Mondiale; les Accords de Bretton Woods ont empêché la France de devenir la première puissance mondiale, ils ont fait de la France un pays périphérique; le 15 août 1975, les États-Unis se sont retrouvé en défaut de paiement; la France a vendu à la Chine récemment 600 tonnes d’or; la BCE a « créé » 2000 milliards d’euro de nouvelle dette depuis décembre 2011; la France fait tout depuis quelques années pour favoriser la sortie de l’or du pays; etc… Continuer la lecture

Encore une fois les Québécois vont se faire fourrer, prise 6

Une récente enquête du Journal de Montréal a clairement démontré que nous payons au Québec les médicaments beaucoup trop cher, jusqu’à dix fois plus qu’aux États-Unis. Dans certains cas, la différence de prix est de l’ordre de 4$ au sud de la frontière, comparé à quelques 37$ ici, ce qui est totalement inacceptable. La question qui se pose est celle-ci: Où va tout cet argent? Dans quelles poches? Je peux comprendre que la compétition aux États-Unis soit féroce dans ce secteur et que le régime public québécois d’Assurance Médicaments fonctionne de façon différente mais il y a des limites à se faire fourrer. Je plaide pour que l’on abolisse ce « régime » qui n’est pas autre chose qu’une autre manière de nous extorquer des taxes.

Les médicaments 10 fois moins cher aux U.S.A.

Loic Tassé sur les changements économiques planétaires et la Chine

L’excellent Loïc Tassé est de retour sur les ondes du 98,5 FM. En entrevue à l’émission de Benoît Dutrizac, le spécialiste de la Chine et professeur à l’université nous parle ici de la croissance économique de la Chine qui, il faut le rappeler, est un pays communiste, face au désarroi des États-Unis. Les Américains, bien conscients de leur décroissance et impuissants à rattraper le retard qu’ils accusent sur la Chine, improvisent et s’embourbent. Les problèmes reliés à la dette et au déficit ne sont que deux éléments parmi tant d’autres d’une situation passablement complexe. L’investissement massif rendu nécessaire par la guerre en Irak a fait exploser les dépenses, ce qui a contribué grandement au problème de la dette. Dans quelques années, la Chine sera la première économie mondiale. Une entrevue à écouter absolument pour comprendre ce qui se passe en ce moment sur la planète et en particulier le « printemps arabe ». Si l’hypothèse d’une ingérence étrangère a été évoqué pour expliquer les « révolutions » au moyen-Orient, nous en avons ici la preuve tangible. L’empire anglo-américain essaie d’augmenter son emprise sur cette région du globe pour contrer l’influence grandissante de la Chine. Mais il semble que cela ne fonctionne pas vraiment. Une entrevue de Pepe Escobar à l’émission les Boiling Frogs, donne davantage de détails et d’explications sur cet aspect du sujet.

Loic Tassé sur la Chine

Pepe Escobar sur le printemps arabe et la Chine

Michel Juneau-Katsuya, ancien chef du SCRS, en entrevue à Benoît Dutrizac

Un dossier présenté par Pierre-André Normandin dans La Presse du 4 août 2011 fait état d’une conversation compromettante tenue en 2000 entre Adil Charkaoui et Abousfian Abdelrazik ayant eu pour objet le plan de faire sauter un avion entre Montréal et Paris. Benoît Dutrizac s’entretient avec le journaliste ici en première partie. En deuxième partie du segment audio, l’ancien chef du SCRS, Michel Juneau-Katsuya, intervient sur le sujet. La conversation est intéressante car elle touche plusieurs choses importantes. Je ne vais pas vous les énumérer point par point. Je vous propose de l’écouter, ce sera mieux. Je vais plutôt concentrer mon commentaire sur un point précis que voici. Quelques minutes après le début de la conversation, Juneau-Katsuya fait remarquer à l’animateur que le Canada est relativement juvénile en ce qui concerne la gestion du terrorisme, et le cas Charkaoui-Abdelrazik est éloquent. Or, j’aimerais renchérir sur ce propos. Disons les choses telles qu’elles sont, le Canada souffre d’infantilisme, d’immaturité et de naïveté en ce qui concerne le domaine du renseignement et de la sécurité, et pour une raison fort simple. En effet, le Canada ayant bénéficié de la protection des États-Unis après la Deuxième Guerre Mondiale et de celle de la Grande-Bretagne jusqu’à celle-ci, l’intelligentsia politique et stratégique canadienne a eu tendance, je crois, à se déresponsabiliser de cette sphère de la gestion des affaires de l’état. Concrètement, ce qui se passait sur le terrain, c’est que le Canada laissait aux États-Unis le soin de s’acquitter des sales besognes, parfois dégueulasses, à accomplir pour assurer la sécurité des citoyens de l’Amérique du Nord. Le problème, c’est que pendant tout ce temps, le Canada n’a pas développé sa propre expertise dans le domaine du renseignement. En se fiant trop sur les Américains, les Canadiens ont oublié qu’ils vivaient dans un pays souverain qui doit gérer ses affaires lui-même.

Aussi, et ceux qui sont des habitués de ce blog me voient venir, la situation politique aux États-Unis est inquiétante, tout le monde le sait. Selon mon évaluation personnelle et selon les différents signes et indices qui se manifestent au sud de la frontière, je m’attends à un effondrement des États-Unis dans les dix prochaines années. Et ceci veux dire une chose très claire pour les Canadiens en termes de renseignement: nous sommes dans la merde. N’ayant jamais assumé nos responsabilités dans ce domaine ni durant le « protectorat » britannique ni depuis que ce sont les Américains qui s’en chargent, nous allons nous retrouver comme des gamins pris au beau milieu d’une bande de mafieux, malfrats, enragés et fiers-à-bras. En effet, certains pays qui se retiennent d’essayer de venir piller nos ressources naturelles (sans notre consentement…) et s’emparer de notre territoire par la force parce que les Américains sont là, eh bien ils n’auront plus cette gêne dès lors que les États-Unis n’existeront plus et que les républiques autonomes qui en résulteront vont s’entre-déchirer entre elles pour des parcelles de territoires et pour le contrôle des ressources.

En clair, voici la situation. Le Canada dispose d’une fenêtre d’environ dix ans pour arriver à maturité sur le plan du renseignement et de la sécurité. Après, il sera trop tard. Il faut faire vite. Monsieur Juneau-Katsuya me semble un type bien qui a un bon jugement. Je crois que cela n’est vraiment pas le temps de laisser partir à la retraite des gens d’expérience comme cela, il faut les retenir. Aussi, je crois que nous n’aurons pas le choix d’aller chercher des gens de l’extérieur de pays pour nous aider à combler ce déficit dans le domaine du renseignement. Le Canada entretient des bonnes relations avec, en plus des États-Unis, Israel, la Grande-Bretagne et d’autres. Il y a sûrement des gens d’expérience dans ces pays qui peuvent venir se greffer à nos unités de renseignement.

Dix ans…pour combler un déficit de plusieurs décennies. Je sais que cela a l’air énorme mais on a pas le choix de toute façon.

P-A Normandin et Juneau-Katsuya